World Grand Prix 2026 : le format double-in qui change tout
Le World Grand Prix impose de commencer chaque leg par un double. Voici pourquoi ce format déroute les meilleurs et qui sera à Leicester fin septembre.

Il y a un tournoi par saison où le classement mondial ne protège personne. Le World Grand Prix se joue du 28 septembre au 4 octobre à la Mattioli Arena de Leicester, et il applique une règle que plus aucun autre majeur n’utilise : chaque leg doit s’ouvrir par un double. Pas se finir, s’ouvrir.
Tant qu’une fléchette n’a pas touché l’anneau extérieur ou le bullseye, rien ne compte. Le score reste à 501, les touches précédentes sont perdues, et le joueur d’en face regarde. Sur le papier, la nuance paraît anodine. Dans les faits, elle change le tournoi au point que les moyennes s’effondrent et que des joueurs classés loin y font tomber des favoris.
Ce que veut dire double-in
Une partie de 501 classique se joue en double-out : on part de 501, on descend, et il faut finir exactement à zéro par un double. C’est la règle que nous détaillons dans notre guide des règles des fléchettes.
Le double-in ajoute la même contrainte à l’autre bout. La première fléchette qui compte doit atterrir dans l’anneau extérieur, sur n’importe quel secteur, ou dans le bullseye. Un 20 simple ne fait rien. Un triple 20 non plus. Un joueur peut lancer neuf fléchettes et être encore à 501.
Une fois l’ouverture faite, le leg redevient un leg normal : on descend, on prépare son reste, on sort en double. Toute la difficulté est concentrée sur la première volée.
Pourquoi c’est plus dur qu’il n’y paraît
La géométrie explique tout. Sur une cible réglementaire de 170 mm de rayon, l’anneau des doubles court de 162 à 170 mm. Il fait donc 8 mm de profondeur, et il représente un peu plus de 9 % de la surface du cadran. Le reste, les 91 %, ne sert à rien tant que le leg n’est pas ouvert.
À titre de comparaison, le lit du 20 simple, celui que tout le monde touche sans y penser, offre plus de 130 mm de profondeur. Le joueur passe donc d’une cible confortable à une bande seize fois plus fine, et il doit la trouver du premier coup, dans un tournoi télévisé, sur une scène.
S’ajoute un effet mental que les joueurs décrivent souvent. Rater l’ouverture ne coûte aucun point, mais donne la main à l’adversaire avec un leg intact. Deux volées perdues et c’est le leg entier qui bascule, sans qu’un seul point ait été marqué.
Ce que ça fait aux moyennes
La finale 2025 est le meilleur exemple qu’on puisse donner. Luke Littler l’emporte sur Luke Humphries 6 sets à 1, et pourtant c’est Humphries qui affiche la meilleure moyenne : 93,61 contre 92,15. Le joueur qui lance le mieux perd de six sets d’écart.
Le détail qui complète le tableau : Littler a gagné cinq de ses six sets dans un leg décisif. Autrement dit, la finale s’est jouée sur des ouvertures trouvées au bon moment, pas sur la qualité de scoring.
Ces deux moyennes, autour de 92 et 93, seraient modestes pour une finale de majeur en double-out classique. Elles ne disent rien du niveau des deux joueurs : elles disent que les volées passées à chercher l’ouverture entrent dans le calcul de la moyenne sans rapporter le moindre point. Mécaniquement, tout le monde descend.
C’est aussi pour cette raison que je trouve ce tournoi plus intéressant à regarder que beaucoup d’autres. Le format ne récompense pas la même qualité. Il ne suffit plus d’enchaîner les 180, il faut ouvrir, et ça remet du hasard là où la hiérarchie s’était installée.
S’entraîner à ouvrir sur un double
C’est l’exercice le plus utile que le World Grand Prix offre aux joueurs de club, parce qu’il travaille exactement la zone que tout le monde néglige. Trois routines simples, à poser dans une séance existante.
- Vingt volées sur le double 20. Comptez le nombre de volées où vous ouvrez. Notez le chiffre. C’est votre référence, et elle bougera plus vite que vous ne le croyez.
- Le tour de cadran des doubles. Double 1, double 2, et ainsi de suite jusqu’au double 20. Vous découvrirez que certains secteurs vous résistent bien plus que d’autres, et ce sont eux qui coûtent des legs.
- Une partie de 501 en double-in. À jouer entre amis. C’est le meilleur moyen de comprendre pourquoi les joueurs professionnels grimacent en octobre.
Ces routines s’intègrent sans peine dans notre programme d’entraînement, et elles se combinent bien avec le travail de sortie décrit dans notre guide des checkouts au 501. Ouvrir et finir mobilisent la même zone du cadran, le travail est donc doublement rentable.
Qui sera à Leicester
Le plateau réunit 32 joueurs, sur deux voies d’accès. Les 16 premiers de l’Order of Merit entrent comme têtes de série. Les 16 places restantes vont aux meilleurs joueurs non qualifiés du classement ProTour, arrêté au 23 septembre. La moitié de la grille se joue donc encore sur les tournois des trois semaines qui précèdent.
Il s’agit de la 29e édition, dotée de 750 000 livres, dont 150 000 au vainqueur. Les matchs se disputent au set, chaque set au meilleur des cinq legs, et la finale au meilleur des onze sets.
Luke Littler remet son titre en jeu et arrive en tête de l’Order of Merit. Sur n’importe quel autre format, ce serait une formalité annoncée. Ici, beaucoup moins, et c’est tout l’intérêt. Les autres rendez-vous de la saison sont détaillés dans notre calendrier des fléchettes 2026.
Questions fréquentes sur le World Grand Prix
Qu’est-ce que le double-in aux fléchettes ?+
Le World Grand Prix est-il le seul tournoi en double-in ?+
Qui est le tenant du titre ?+
Comment se qualifie-t-on pour le World Grand Prix ?+
Pourquoi les moyennes sont-elles plus basses qu’ailleurs ?+
Ce qu’il faut retenir
- Le double-in impose d’ouvrir chaque leg par un double, sur une bande de 8 mm qui couvre 9 % du cadran.
- Les moyennes chutent mécaniquement, puisque les volées de recherche comptent sans rapporter de points.
- La moitié de la grille se décide au 23 septembre, sur le classement ProTour.
Pour jouer vos propres legs en double-in dans de bonnes conditions, un jeu régulier aide plus qu’on ne le pense sur une zone aussi fine : notre sélection de fléchettes acier couvre les profils du débutant au joueur de club.